Denfert

Paris, une fille au milieu de l'automne. Le paradis tient à peu de choses.

Denfert
Ton visage singulier et racé.
Ton regard abyssal où grondent les glaciers.
J’aimais plonger dedans juste pour faire trempette,
avec l’imprudence d’un fou happé par le cyclone.

Denfert
Ton sourire confus, ta passion secrète.
Ta bouche lippue et tes dents parfaites.
Cerise éclatante au coeur meringué,
où chacun de tes rires répond à celui qui précède.

Ignorant tout de ta beauté étrange, tu traînes ta silhouette et ta gueule d’ange
au milieu de l’automne. Dans un tourbillon dijon bourgogne fait de tricots,
d’écharpes à franges et de velours côtelé.

Denfert
Ton souffle court comme un haïku.
Ton ventre plat et ton petit cul.
Comme un vinyle, 45 fois en rêve je l’ai fait tourner,
dessinant tes contours de blonde platine.

Denfert
Tes mains me cherchent d’une tendresse fauve.
Ton corps voudrait mais ton coeur se sauve.
Au bord du trottoir, tu me résistes encore.
Plongeant décor où tu me blesses en surface.

Je te revois, bohème libidineuse, butinant de prises femelles en prises mâles.
Que le bonheur m’électrocute si tu n’étais pas amoureuse.
Mais que l’emprise d’un poème ne te fasse point mal.
Nous marchions côte à côte tout droit vers Denfert.

Et c’était le paradis.

© Emmanuel Fritsch 2016 [première année de présentation au public]. Tous les droits d’auteur de ce texte sont réservés. Sauf autorisation, toute utilisation de celui-ci autre que la consultation individuelle et privée est interdite.


Photo : avec l’aimable autorisation d’Audrey

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