Erika

J'ai des vues imprenables sur toi.

Avec sa robe noire
et ses cheveux de jais,
Erika bat pavillon maltais.

Sous des airs raffinés,
Madame fait des ravages.
Elle est brut de décoffrage.

Les oiseaux mazoutés
portent encore les stigmates
de son dernier bain de fioul.

Amis englués,
je ne ferai pas de sentiment
pour un tanker brisé.

J’ai des vues sur d’immenses cités.
J’ai des vues surdimensionnées.
Erika, j’ai des vues imprenables sur toi.

Sur la plage câline,
sa robe se dessine
en popeline de pipeline.

Adipeuse enclume,
vole-moi dans les plumes !
Là où la houle refoule l’écume.

Poncer, décaper,
d’épiques épopées
de cape et d’épée.

Osez mirer aux Émirats !
Cramez d’écran TotalFina !
Et les affaires pétrolifèrent.

J’ai des vues à traquer la fille du shérif.
J’ai des vues à braquer mon objectif.
Erika, j’ai des vues imprenables sur toi.

© Emmanuel Fritsch 2020 [première année de présentation au public]. Tous les droits d’auteur de ce texte sont réservés. Sauf autorisation, toute utilisation de celui-ci autre que la consultation individuelle et privée est interdite.


Photo : libre de droit (Pixabay.com)

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